• Poème d'Emmanuel LOOTEN, poète Berguois que j'ai illustré de quelques photos personnelles.

    Un p'tit clic sur les photos pour les agrandir !

     

    J'appartiens au Nord... Scène de labour dans ma campagne

     

     J’appartiens au Nord, comme l’aube appartient à la terre

    Mon Nord est froid, d’un froid de fer,
    Nos cieux offerts sont durs
    En leur pâleur de tendre porcelaine.

     

    J'appartiens au Nord...

      Anciens quais à Arques

     

    Je vois ces vieux quais morts et leurs canaux herbus,
    Des pavés, l’orgueil tors de ma cité nouée
    En ses murailles souveraines.
    Mon pays s’ennoblit de ce qu’il a souffert,
    Nul ne sera vainqueur de sa force d’attendre.

     

     J'appartiens au Nord...

    Emblèmes de la Flandre et du Nord - Pas-de-Calais

    (Montage avec des photos du net)

     

    Ma Flandre est chaude, comme un coeur.

    Je n’en puis plus d’aimer
    Ces terres d’humus gras, pétales de ma tourbe,
    Horizons éventrés de ces gris violents,
    Plaines de tons meurtris,
    La douceur feutrée des bois verts d’eau,

     

     J'appartiens au Nord... 

    Plage Petit-Fort-Philippe

    Suite au commentaire de Nadia-Vraie, je précise que la photo n'est pas retouchée, la couleur de l'eau le jour de cette photo est au naturel ! 

     

    Nos plages lacérées du Nord
    Aux spasmes effrayés.
    O ma charnelle,
    O ma charnelle Flandre, béguine de l’humus…
    Ce magma délicat aux douceurs flamboyées
    Un gris taiseux, bâillon de cendres-ciel.
    Je n’en puis plus d’aimer l’infini paysage,
    Sauvagerie des vents et de la mer,
    Ton cœur brassé de sable, brasé de ces gris pourpre,
    O ma Flandre de Ciel !

     

    J'appartiens au Nord...

    Beffroi de Bergues

     

    Puisque et parce que
    Tu es en moi psalmée,
    Complice de ta robe violente
    Et des halliers et des bourbiers…
    Puisque et parce que
    Tu es Flandre
    Et ma Flandre.
    Beffrois qui saignent
    Aux carillons d’entrelacs fauves;
    Rousseurs d’éteules,
    Rousseurs d’argiles
    Mais tes pensées à l’anse double…

     

    J'appartiens au Nord...

     

     Boues noires
    mais ton moulin,
    Boues sauvages
    mais ta tendresse
    Et le bleu des tombeaux,
    la rouille des pavés.
    Vers la relève qui refuse,
    Chaque soir accompli et froid,
    Par ces rues de l’ancien bitume
    Je reviendrai chez moi.

     

    Emmanuel Looten (Poète berguois 1908-1974)

     


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